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Des logements en “bouilloires thermiques” : quand la précarité énergétique se fait sentir aussi en été

Des logements en “bouilloires thermiques” : quand la précarité énergétique se fait sentir aussi en été

L’été 2025 a déjà vu des vagues de chaleur avec des températures atteignant 36–38 °C. Dans ce contexte, des logements mal isolés deviennent de véritables bouilloires thermiques : la chaleur s’y accumule, provoquant inconfort, fatigue, risques sanitaires notamment chez les personnes âgées, les enfants ou les malades.

Le phénomène, amplifié par le changement climatique

Les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses, se prolongent désormais au-delà de l’été. En résulte un phénomène d’accumulation de chaleur dans le logement, mesuré par l’indicateur degré-heure (DH).

Dans les zones urbaines, l’îlot de chaleur urbain (ICU) aggrave encore la situation. Le logement devient insupportable à vivre, même la nuit, dépassant souvent 26 °C.

Les impacts humains et sanitaires

Ces logements surchauffés provoquent :

  • Déshydratation, troubles du sommeil, maux de tête, voire malaises et coups de chaleur.
  • Dégradation de produits sensibles à la chaleur (médicaments, produits alimentaires…).
  • Le confort d’été est donc une problématique qui s’impose, particulièrement en ville où les îlots de chaleur urbains (ICU) affichent des températures nocturnes plus importantes que dans des zones moins densément peuplées. Les climatisations, dont le marché est en plein essor, augmenteraient également de 2°C la température des centres urbains.

Adapter son logement : l’isolation, la climatisation… et des solutions alternatives !

Même si un logement constitue une protection face aux conditions climatiques extérieures, lors des pics de chaleur, il peut être compliqué de limiter l’augmentation de température à l’intérieur.

Une meilleure isolation est sans conteste l’une des solutions les plus efficace et la plus durable, mais d’autres solutions existent.
Lors des vagues de chaleur, il est tentant de s’équiper de climatiseur afin de garder son logement frais. Pourtant, ces appareils ne doivent surtout pas être achetés dans l’urgence : ils consomment beaucoup d’énergie, contribuent aux émissions de gaz à effet de serre et n’offrent pas toujours le confort attendu selon le dimensionnement de la climatisation. De plus, un écart de plus 7 °C avec la température extérieure peut exposer à un choc thermique.

Beaucoup de logements ont été rénovés pour lutter contre le froid hivernal, mais pas pour résister à la chaleur estivale. Certains isolants n’auront pas forcément le même déphasage thermique. Certains d’entre eux, comme la laine de verre, vont laisser passer plus rapidement la chaleur à l’intérieur du logement. Cela se ressent souvent sous les combles notamment où la chaleur est augmentée par la présence des ardoises en toiture.

Urbanisme & végétalisation insuffisante

La densification urbaine, le bitume et l’absence de végétation font grimper la température locale, amplifiant la chaleur emmagasinée dans les bâtiments.

Prise vue thermique saint-brieuc

Vers des solutions durables et accessibles

Gestes quotidiens simples mais efficaces

  • Occulter fenêtres et volets en pleine journée
  • Ventiler la nuit pour créer des courants d’air
  • Réduire l’utilisation d’appareils chauffants intérieurs
  • S’hydrater abondamment

 

Adaptations structurelles : isolation & protection solaire

  • Protection solaire (stores, volets, auvents) : réduction de la température intérieure de 2 à 5 °C
  • Isolation performante des combles et murs, notamment avec des isolants biosourcés
  • Végétalisation des façades et des abords du logement

L’alerte des acteurs : un enjeu social urgent

La Fondation pour le Logement souligne l’augmentation de la durée des vagues de chaleur (x9 en quelques décennies) et l’absence de politiques publiques ambitieuses pour les bouilloires thermiques. Malgré 5 000 décès imputés à la chaleur en 2023, les politiques n’intègrent pas suffisamment l’adaptation des logements.

L’ALEC, acteur de terrain contre la précarité estivale

L’ALEC du Pays de Saint-Brieuc rappelle qu’au-delà des gestes individuels, un accompagnement collectif et des aides locales sont indispensables.

Ses actions :

  • Recommandations pour une isolation adaptée et informations sur les aides financières associées.
  • Recommandations sur les éco-gestes et les solutions techniques pour rafraichir les logements
  • Aide à la recherche de solutions pour les ménages en difficultés (visites eau-énergie à domicile)
  • Sensibilisation et soutien des acteurs (collectivités, bailleurs sociaux, professionnels du logement, associations…) pour intégrer la question des surchauffes et du confort thermique dans les politiques de liées au logementmais également dans la recherche de solutions pratiques et durables pour les gestionnaires de patrimoine.

Vous vous sentez concernés ? Contactez-nous

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