précarité énergétique

Logo_Fondation_Abbé_Pierre.svgLe 28 janvier dernier, l’ALE a participé à la présentation du 21e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, à Paris. Il y était question de l’état du mal-logement en France, abordé sous deux angles : « le logement, une question de santé publique » et « mixité sociale ou droit au logement ? »

Deux aspects spécifiques sur lesquelles la Fondation souhaitait partager ses inquiétudes et ses propositions.

Les chiffres du mal-logement restent en augmentation avec 3,8 millions de personnes mal logées en France. La Fondation déplore d’abord le fait que l’augmentation des besoins se fait en parallèle d’une diminution des dotations. La question de la santé publique est de plus en plus en rapport avec l’état du logement. Une étude montre notamment qu’on retrouve plus de pathologies chez les ménages en situation de précarité énergétique.

De plus, encore aujourd’hui, 44% de personnes se privent de chauffage du fait de factures d’énergie trop élevées.

La question de la mixité sociale et du droit au logement a été débattue avec différents maires l’après-midi, montrant ainsi les dispositions prises au niveau des communes pour favoriser la mixité sociale dans les quartiers.

Cette journée s’est terminée par un nouvel appel de la Fondation aux pouvoirs publics, et ils ont répondu en lui confiant une mission pour aider l’Etat à trouver des solutions qui permettront d’atteindre ses objectifs en matière de politique du logement.

En espérant que les chiffres sur le mal-logement en France aient stoppé leur infernale ascension d’ici l’année prochaine, nous restons en action pour la lutte contre la précarité énergétique sur notre territoire.

Plus d’information sur site de la Fondation Abbé Pierre

image slimeLamballe Communauté a mis en place, depuis 2014, un dispositif d’aide et d’accompagnement auprès des ménages les plus en difficulté dans leur logement, qui subissent des problèmes d’humidité, d’inconfort, ou de charges énergétiques trop élevées.

L’ALE anime ce dispositif et réalise des visites à domicile gratuites pour toutes les personnes qui le souhaitent. Dans ce cadre, la conseillère énergie de l’ALE a tenu sa première permanence dans les locaux des Restaurants du Cœur, antenne de Lamballe, sous la responsabilité de Madame LUCIENNE.

Les Restaurants du Cœur font ainsi partie du réseau de « sentinelles » de la précarité énergétique sur le territoire.

Deux autres permanences sont prévues avec les Restaurants du cœur le 10 décembre 2015 et le 14 janvier 2016. Nous remercions Monsieur LE DREZEN, responsable des Restaurants du Cœur des Côtes d’Armor et tous les bénévoles qui nous ont ouvert leur porte pour un meilleur repérage des ménages.

La mobilisation des associations et la structuration d’un large réseau de sentinelles sur le territoire sont des leviers indispensables pour augmenter le nombre de bénéficiaires du dispositif SLIME.

De ce fait, nous invitons toutes les associations caritatives et tous les acteurs sociaux sur le territoire à rejoindre le réseau de sentinelles du SLIME pour, ensemble, faire reculer la précarité énergétique.

Plus d’informations sur le SLIME.

 

 

Fin août dernier, Ségolène Royal a annoncé une vaste campagne de remplacement des « vieux radiateurs électriques » (aussi appelés « grille-pain ») par des équipements plus récents. Cette opération, destinée aux ménages modestes, serait proposée sur les territoires labellisés « Territoire à Energie Positive pour la Croissance Verte » comme Saint-Brieuc Agglomération, et financée par les fournisseurs d’énergie (via le dispositif des CEE). Le détail et le calendrier de mise en œuvre de cette action n’ont pas encore été annoncés.

L’opération témoigne du puissant lobbying français du fournisseur d’énergie dominant, et des industriels fabricants les équipements de chauffage électrique… Car concernant l’efficacité énergétique, le remplacement d’un vieux convecteur par un neuf n’a rien de révolutionnaire : l’effet Joule reste ce qu’il est, et il faudra donc toujours (au moins) 1 kWh d’énergie électrique pour obtenir 1 kWh de chaleur dans le logement… Un équipement plus récent va pouvoir apporter plus de confort, plus de sécurité, et une régulation / programmation plus performante, mais certainement pas générer de baisses de facture énergétique conséquentes pour les ménages… Au contraire, une telle campagne de remplacement peut générer un « effet rebond » extrêmement fort sur la consommation électrique.

Quant au « chauffage électrique intelligent et extrêmement performant » évoqué par la ministre, il ne trouve son sens que dans des logements eux-mêmes très performants et très bien isolés, ce qui n’est souvent pas le cas de ceux où l’on va trouver les « vieux convecteurs » à remplacer…

Le CLER (Réseau pour la transition énergétique) et la Fondation Abbé Pierre (qui œuvre contre le mal logement) ont publié ensemble une réaction à cette annonce. Pour ces deux organismes, cette action de remplacement des radiateurs électriques ne résoudra pas le problème des personnes qui occupent des logements qualifiés de « passoires énergétiques ». La seule véritable solution est de rénover l’ensemble de l’habitat notamment grâce à des travaux d’isolation. Les deux organismes rappellent d’ailleurs que la loi de transition énergétique prévoit deux actions dans ce sens :

  • la rénovation, à de haut niveaux de performance énergétique, 250 000 logements occupés par des ménages en précarité énergétique,
  • l’intégration de la performance énergétique dans les critères de décence du logement.

LE CLER et Fondation Abbé Pierre demandent leur mise en application rapide pour apporter une solution durable aux ménages en situation de précarité énergétique.

Pour aller plus loin :

évolution prix du gazLe tarif règlementé du gaz naturel de réseau, défini par l’Etat et distribué par ENGIE (ex-GDF Suez), a augmenté au 1er septembre de 0,5% en moyenne. Ces hausses de prix sont régulières. Le site www.energie-info.fr[1] permet de faire des simulations pour se rendre compte de ce que cela représente sur les 5 dernières années. Ainsi, pour un logement où le gaz est utilisé pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire (tarif réglementé B1), avec une consommation annuelle stable d’environ 17 000 kWh, la facture a augmenté de 10% sur les 5 dernières années, soit 4 points de plus que l’inflation sur la même période !

Malgré un tassement conjoncturel des prix des énergies fossiles lié au contexte économique, il faut s’attendre à ce que ces augmentations concernent toutes les énergies (gaz, fioul, électricité…) et  se poursuivent dans les années à venir. La seule manière de contenir le budget que nous consacrons à l’énergie est de diminuer notre consommation. Plusieurs leviers peuvent être actionnés : adapter nos comportements (réduire la température de chauffage, prendre des douches plus courtes…), installer du petit matériel économe (calfeutrer les portes et fenêtres anciennes, mettre des mousseurs aux robinets et des douchettes économes…) ou faire des travaux d’isolation et remplacer les appareils de chauffage. Cette dernière solution est de loin la plus efficace.

Sur le territoire, en plus des dispositifs d’aides nationaux (crédit d’impôt transition énergétique, Eco-Prêt à taux zéro…), les collectivités portent et soutiennent également des accompagnements techniques et financiers à l’échelle locale. Ce sont :

  • les Programmes d’Intérêt Généraux (sous conditions de ressources) sur le territoire de Saint-Brieuc Agglomération, Quintin Communauté, Centre Armor Puissance 4, Pays de Moncontour, Lamballe Communauté et Côte de Penthièvre
  • Vir’volt-ma-maison (sans conditions de ressources) sur l’ensemble du Pays de Saint-Brieuc.

 

Votre Espace Info-Energie peut répondre à vos questions, vous aider à identifier les actions à mettre en œuvre et vous présenter les dispositifs d’aides financières existants. Ce service est gratuit et ouvert à tous et vous garantit une neutralité du conseil dispensé.

 

Plus d’information :

[1] site d’information du Médiateur de l’Energie, mis en place par l’Etat