Jennifer SEHAN

Dans un rapport publié le 12 janvier, quatre syndicats de professionnels du chauffage et de l’électricité(1) dénoncent l’immobilisme des collectivités pour engager les travaux et les investissements nécessaires à la réduction de leur facture énergétique. Parmi les freins évoqués par les 70 municipalités interviewés, les contraintes financières, le manque de compétences techniques, et une mauvaise connaissance de leur parc immobilier.

Mais il y a aussi des éléments déclencheurs qui facilitent le passage à l’acte des collectivités les plus dynamiques : la conviction de certains élus, des services techniques influents, ou la mise à profit de services proposés par leur territoire tels que les agences locales de l’énergie… On retrouve bien ici l’alchimie qui fait, depuis plusieurs années, le succès de la bonne gestion énergétique au sein des communes adhérentes à l’ALE : un élu moteur, des services techniques réactifs et un conseiller en énergie partagé compétent.

(1) : la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), le Groupement économique sanitaire électricité chauffage (Gesec), le Groupement des industries de l’équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés (Gimélec), le Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique (Serce).

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> Le Moniteur

> Un Questionnaire en ligne pour les collectivités qui leurs permettra de se situer en matière de gestion de l’énergie et de « recevoir des conseils adaptés à leur profil ».

 

Les réseaux de chaleur renouvelable ou « écoréseaux » assurent déjà le chauffage de plus de 3 millions
de Français avec plus de 50 % d’énergies renouvelables ou de récupération (bois, géothermie, valorisation énergétique des déchets, énergie solaire…).
Face au succès de ce mode de chauffage innovant et particulièrement vertueux, mais faisant le constat que de très nombreuses collectivités ne bénéficient pas encore d’un réseau de chaleur, la ministre de l’Environnement a annoncé en décembre le lancement d’un appel à mobilisation. Reprenant une proposition d’AMORCE, cette initiative vise à inciter les centaines de collectivités de plus de 10 000 habitants qui n’ont pas encore mis en place un réseau de chaleur renouvelable à en développer un.

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La dernière rencontre technique CEP de l’année 2016 était consacrée à la filière bois-énergie : elle avait pour objectif d’apporter aux collectivités un éclairage sur les conditions d’exploitation et de valorisation de cette ressource locale. Cette rencontre se tenait à Saint-Brandan, commune équipée depuis 2008 d’une chaufferie à bois pour le chauffage de plusieurs bâtiments communaux (le restaurant scolaire, la garderie, l’école publique, la salle polyvalente, et la nouvelle Mairie).

Le territoire du Pays de Saint-Brieuc compte une dizaine de chaufferies bois en fonctionnement, qui consomment en tout quelques 4 000 tonnes de plaquettes de bois déchiqueté par an. De nouveaux projets sont actuellement en cours, essentiellement à l’initiative des collectivités. La cohérence de ces projets passe par une valorisation de la ressource locale (télécharger la présentation). Pourtant, si le bois est considéré comme la première énergie renouvelable de Bretagne, sa valorisation en combustible fait naître des angoisses sur la pérennité de cette ressource. Devant ces craintes, plusieurs études sur le territoire ont permis de dresser un état des lieux de la ressource disponible. Les résultats ont permis de mettre en évidence que les prélèvements servant à alimenter les besoins en bois des différentes filières de valorisation (bois d’œuvre, panneau, papier, chauffage..) étaient moins importants que l’accroissement biologique de la ressource bretonne. La tendance en Bretagne est donc à la croissance en volume et en surface, notamment des peuplements pauvres aptes à produire du bois énergie.

Au cours de cette rencontre, Lucie Collin, gérante de la SCIC Bocagénèse a présenté aux participants le cycle d’exploitation, et les procédures appliquées par la filière pour garantir la pérennité de la ressource locale (télécharger la présentation). En effet, pour chaque site de production, un plan de gestion précise les directives à respecter garantissant l’équilibre de l’ensemble des fonctions du bois bocager ou forestier : capacité maximale de production annuelle, modalités techniques d’entretien…

Marc Le Treis, animateur du Plan Bois Energie Bretagne (association AILE) a ensuite présenté aux participants les réflexions et points de vigilance essentiels à l’émergence d’un projet de chaufferie bois (télécharger la présentation). Il a, en outre, attiré l’attention des participants sur la nécessité de prendre connaissance, en amont des projets, de la typologie de combustible produit localement pouvant impacter sur les choix techniques de l’installation par la suite.

Puis Alexandra Billé et Amélie Dufeu, chargées de mission au Syndicat Mixte du Pays de Saint-Brieuc  ont présenté les aides mobilisables dans le cadre du contrat de partenariat Europe-Région-Pays pouvant participer à la concrétisation d’un projet de chaufferie bois.

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