pdt 100 ENR AdemeL’ADEME vient de publier officiellement sa fameuse étude prospective, partiellement dévoilée par Médiapart au printemps, sur la viabilité d’un système électrique 100% renouvelable en France métropolitaine.

Sur le réseau électrique, la production d’électricité et la consommation doivent s’égaliser à chaque instant. Or les énergies renouvelables comme le photovoltaïque ou l’éolien produisent au gré de la météo… Alimenter le mix électrique français avec 100% d’EnR est-il possible ?

Les analyses s’appuient sur un modèle permettant de déterminer les parcs renouvelables optimaux région par région, et de vérifier heure par heure que l’équilibre entre la production et la demande peut être réalisé.

Que retenir de cette étude ?

  1. Que plusieurs mix électriques semblent techniquement possibles pour atteindre 80 ou 100% de renouvelables, en satisfaisant la demande chaque heure de l’année. Le potentiel de production, toutes filières renouvelables confondues, est 3 fois supérieur à la demande annuelle estimée en 2050.
  2. Qu’un tel mix 100% renouvelable nécessiterait des adaptations très importantes du système électrique, mais que son coût global serait vraisemblablement du même ordre de grandeur qu’un mix 40% renouvelable.

La production à l’échelle nationale

Dans le scénario le moins cher, l’Ademe prévoit un déploiement massif de l’éolien terrestre (technologie la plus mature) qui représente alors plus de 63% de l’électricité produite, suivi par le solaire (17%), l’hydraulique (12%), l’éolien en mer, la biomasse et la géothermie.

Le rapport souligne toutefois l’importance du déploiement d’un système électrique intelligent et flexible pour permettre le pilotage de la demande avec une flexibilité journalière et plusieurs systèmes de stockage (hydrauliques, sur batteries, à air comprimé)ainsi que le développement du « power to gas » (stockage de la surproduction grâce à sa transformation de l’électricité en gaz par la méthanation).

Un mix à toutes épreuves climatiques

L’Ademe a simulé plusieurs cas de figure avec des journées sans vent, des journées froides, des journées sans soleil et des journées avec beaucoup de vent. Dans tous les cas, grâce au foisonnement géographique, aux technologies de stockage à court et à long terme et au report de production sur d’autres filières, le mix imaginé est capable de subvenir à la demande d’électricité.

Zoom sur la Bretagne

La Bretagne est l’une des régions identifiées par l’Ademe comme ayant un fort potentiel de production renouvelable avec notamment l’éolien, le photovoltaïque, les filières marines…

La production en Bretagne serait en majorité issue de l’éolien en mer (plus de 50% de la production), puis du PV au sol (moins de 20%) et, dans une moindre mesure, à la méthanisation, au photovoltaïque sur toiture, à la cogénération bois et aux énergies marines (autres que l’éolien).

Un coût maîtrisé de l’électricité dans le mix 100% renouvelable

Dans les conditions idéales (meilleure maîtrise de la demande, acceptabilité sociale, progrès technologiques), le scénario à 100% d’énergie renouvelable ne représenterait qu’un surcoût de 2% par rapport à un mix à 40% de renouvelables (prévu d’ici à 2050 dans la Loi sur la transition énergétique) et ce sans intégrer les coûts du nucléaire lié au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets.

Toutefois, quel que soit le mix retenu (40% ou 100% d’énergie renouvelable), l’électricité sera de l’ordre de 30% plus cher qu’actuellement.

 

Cette étude est incomplète (pas de prise en compte de l’existant, prise en compte insuffisante de la stabilité du réseau…), mais elle a le mérite d’ouvrir le champ des possibles et de mettre en réflexion et sur la place publique, une vision différente de notre système de production d’électricité.

 

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