Fin août dernier, Ségolène Royal a annoncé une vaste campagne de remplacement des « vieux radiateurs électriques » (aussi appelés « grille-pain ») par des équipements plus récents. Cette opération, destinée aux ménages modestes, serait proposée sur les territoires labellisés « Territoire à Energie Positive pour la Croissance Verte » comme Saint-Brieuc Agglomération, et financée par les fournisseurs d’énergie (via le dispositif des CEE). Le détail et le calendrier de mise en œuvre de cette action n’ont pas encore été annoncés.

L’opération témoigne du puissant lobbying français du fournisseur d’énergie dominant, et des industriels fabricants les équipements de chauffage électrique… Car concernant l’efficacité énergétique, le remplacement d’un vieux convecteur par un neuf n’a rien de révolutionnaire : l’effet Joule reste ce qu’il est, et il faudra donc toujours (au moins) 1 kWh d’énergie électrique pour obtenir 1 kWh de chaleur dans le logement… Un équipement plus récent va pouvoir apporter plus de confort, plus de sécurité, et une régulation / programmation plus performante, mais certainement pas générer de baisses de facture énergétique conséquentes pour les ménages… Au contraire, une telle campagne de remplacement peut générer un « effet rebond » extrêmement fort sur la consommation électrique.

Quant au « chauffage électrique intelligent et extrêmement performant » évoqué par la ministre, il ne trouve son sens que dans des logements eux-mêmes très performants et très bien isolés, ce qui n’est souvent pas le cas de ceux où l’on va trouver les « vieux convecteurs » à remplacer…

Le CLER (Réseau pour la transition énergétique) et la Fondation Abbé Pierre (qui œuvre contre le mal logement) ont publié ensemble une réaction à cette annonce. Pour ces deux organismes, cette action de remplacement des radiateurs électriques ne résoudra pas le problème des personnes qui occupent des logements qualifiés de « passoires énergétiques ». La seule véritable solution est de rénover l’ensemble de l’habitat notamment grâce à des travaux d’isolation. Les deux organismes rappellent d’ailleurs que la loi de transition énergétique prévoit deux actions dans ce sens :

  • la rénovation, à de haut niveaux de performance énergétique, 250 000 logements occupés par des ménages en précarité énergétique,
  • l’intégration de la performance énergétique dans les critères de décence du logement.

LE CLER et Fondation Abbé Pierre demandent leur mise en application rapide pour apporter une solution durable aux ménages en situation de précarité énergétique.

Pour aller plus loin :