COP21Les médias se font de plus en plus l’écho des prochaines négociations internationales sur le climat qui auront lieu en fin d’année à Paris… De quoi s’agit-il ?

Depuis le sommet de la Terre à Rio de Janneiro en 1992, les Etats du monde entier ont signé une Convention-cadre sur le Changement Climatique, dans le cadre des Nations Unies (la CNUCC) : depuis, les gouvernements se retrouvent régulièrement dans des COP – conférence des parties à la CNUCC – pour négocier collectivement des objectifs à se fixer et à atteindre en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le dernier rendez-vous manqué a été celui de Copenhague, en 2009 : il s’agissait alors de négocier une suite à donner au protocole de Kyoto, qui avait permis d’engager 37 états sur des objectifs chiffrés de maîtrise ou de réduction des émissions de GES. Malgré la très forte mobilisation de la société civile, et la représentation au plus niveau de l’ensemble des parties prenantes (beaucoup de chefs d’état étaient présents, marquant l’intérêt croissant pour la problématique), aucun consensus n’a pu être trouvé autrement que dans un accord très général et très théorique sur la maîtrise de la hausse des températures à la surface du globe.

Depuis lors, les rendez-vous internationaux successifs n’ont eu de cesse que de préparer la conférence de cet hiver à Paris – la 21e conférence des parties. Un long travail préalable de négociations bipartites a été mené ; la société civile, les collectivités locales, les jeunes, les entreprises… ont toutes tenu leur pré-COP 21 pour affirmer les attentes qu’elles avaient vis-à-vis d’un accord international sur le climat.

Quels sont les enjeux ? Après le succès en demi-teinte du protocole de Kyoto, il s’agit de mettre en place un nouveau protocole international qui soit chiffré, contraignant, et qui intègre l’ensemble des pays du monde. Comme on ne pourra pas assigner les mêmes objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre au Canada qu’au Bengladesh, l’enjeu politique est de définir la répartition de l’objectif global de réduction, en fonction des émissions passées et du niveau de développement actuel. Il s’agit aussi de mettre en place un fonds vert d’aide au développement pour les pays du Sud, leur permettant de financer leur développement « propre » : en cela, les négociations sur le climat représentent une véritable opportunité de rééquilibrage économique international entre les pays les plus riches et les moins avancés.

Se reporter sur les émissions de pays comme la Chine est une circonvolution courante pour se défaire de notre responsabilité passée et présente : il ne faut pas oublier que l’importance des émissions de gaz à effet de serre de la Chine n’est pas liée au mode de vie de ses habitants, mais bien à son modèle économique industriel exportateur de biens manufacturés, qui sont exportés ici pour nous, consommateurs finaux… Dans cette perspective, une coalition milite pour la comptabilisation, dans le cadre des négociations internationales, des « omissions » de gaz à effet de serre », ces GES dont nous sommes responsables par notre consommation quotidienne mais qui sont comptabilisés dans un autre pays en fonction du lieu de production.

Dans le cadre de la préparation de la COP 21, chaque Etat est invité à produire une contribution individuelle volontaire, dans laquelle il présente de manière chiffrée l’engagement qu’il est prêt à tenir dans le cadre d’un accord international. La somme de ces engagements individuels ne suffira sans doute pas à atteindre l’objectif global, néanmoins cette démarche est une première dans l’histoire de la CNUCC et l’on doit espérer qu’elle permettra d’aboutir plus rapidement à un accord international chiffré et contraignant.

 

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