Dans le cadre des constructions performantes (BBC, RT 2012), l’écart entre les consommations conventionnelles, calculées lors de la conception, et les consommations réelles, constatées une fois les bâtiments mis en service, est une problématique récurrente.

carte BBC-RT2012


© Cerqual – Figure 1. Présentation et localisation, selon les zones climatiques définies par la réglementation thermique, des six résidences étudiées

Pour analyser et comprendre ces écarts, l’organisme certificateur CERQUAL a mené une étude sur six résidences (voir carte ci-contre), représentant 18 logements, ayant bénéficié du label BBC Effinergie. Il s’agissait également d’y étudier les divergences entre le vécu des occupants et le confort « mesuré » (température, hygrométrie).

 

L’étude rappelle d’abord que la règlementation française ne prend en compte que certains usages de l’énergie dans les logements. Les consommations liées à l’électroménager et à l’électronique domestique ne sont donc pas pris en compte dans les calculs conventionnels pour l’atteinte du label BBC ou le respect de la RT 2012.

Le label allemand Passivhaus définit lui un niveau maximum de consommation totale, tous usages confondus. L’étude le transpose dans le contexte français, à 97 kWhep/m².an, vu notamment les différences de coefficient énergie primaire-énergie finale. 11 ménages sont au-dessus de la convention Passivhaus, 7 sont au-dessous de la convention.

Selon l’étude, on peut faire des logements BBC performants sans ventilation double flux, sans triple vitrage, sans solaire thermique, sans solaire photovoltaïque. L’essentiel est que l’immeuble soit bien orienté, plutôt compact (mais la liberté de choix architecturaux est grande), bien isolé et bien ventilé. Il convient de faire attention aux idées reçues : une des opérations les plus performantes de l’échantillon est la résidence « tout électrique ».

Ce point de vue est à tempérer car, plus la performance énergétique du bâti augmente, plus la charge énergétique liée au renouvellement d’air augmente. En ventilation simple flux, la maîtrise de cette charge ne peut être faite qu’en réduisant les débits de renouvellement d’air, ce qui est de moins en moins recommandé pour des raisons de qualité de l’air intérieur.

Enfin, l’étude met en évidence six facteurs clés relatifs à l’usage et au comportement des occupants ayant une influence, qui peut être très forte, sur la consommation d’énergie :

  • le nombre de personnes dans le logement,
  • la durée d’occupation durant la journée, la semaine et l’année,
  • le niveau d’équipement d’appareils domestiques et l’intensité de leur usage,
  • la température intérieure choisie en hiver,
  • les pratiques d’aération du logement, notamment l’ouverture des fenêtres et des portes sur jardin,
  • la plus ou moins bonne maîtrise de la chaudière, de la ventilation, des volets et du chauffe-eau solaire quand il y en a un.

Ces facteurs clés expliquent qu’il est normal qu’il y ait toujours une différence, parfois importante, entre le calcul conventionnel BBC des consommations et les consommations réelles.

La convention retenue par la réglementation définit une température extérieure et un seul mode d’occupation, notamment fondé sur des températures de consigne de chauffage qui sont de 19°C en semaine jusqu’à 10h et après 18h et le week-end, et de 16°C entre 10h et 18h les jours de semaine.

Il faut retenir que, contrairement à ce que pense un grand nombre de professionnels et de chercheurs, le calcul thermique règlementaire n’est pas conçu pour prévoir les consommations, mais pour comparer des logements (vides) avant livraison.

C’est exactement le même principe qui régit le calcul des consommations conventionnelles des véhicules (cycle urbain, extra-urbain et mixte), qui ne correspond jamais aux consommations réelles observées à l’usage. Ces consommations sont calculées en laboratoire et ne visent qu’à comparer les véhicules entre eux dans des conditions similaires.

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