L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (Ademe) vient de publier son baromètre annuel du comportement des Français face à la performance énergétique de leur logement.

© Ademe

Malgré une prise en compte plus importante de l’efficacité énergétique des logements lors de l’achat ou de la location de leur logement (cf enquête TNS-Sofres, janv 2012), en 2011, les Français ont moins investi dans les économies d’énergie.

Crise financière versus crise énergétique ?
Ce baromètre a été établi à partir d’une enquête réalisée auprès de 10 000 ménages. Ce travail montre, sans surprise, que la facture énergétique moyenne des Français est à la hausse avec une dépense annuelle moyenne en 2010 de 1368 € contre 1394 € en 2011. Pratiquement la moitié des foyers interrogés (48%) considèrent que la part de l’énergie dans leur budget est trop importante. De ce fait, 63% d’entre eux évoquent l’augmentation du prix des énergies comme motivation première pour réduire leur consommation d’énergie. En ce sens, la crise financière pourrait être vue comme un accélérateur pour la maîtrise de la demande énergétique.
Mais tout n’est pas si simple. Cette crise a également pour conséquence de limiter le pouvoir d’achat des ménages et leur capacité d’investissement. La part des travaux réalisés est donc en repli par rapport aux années précédentes : 12,8% en 2011 contre 14,4% en 2010 (et 14,8% en 2009). La répartition de ces travaux est également en évolution avec une diminution des travaux sur le bâti (isolation de la toiture, des murs, des fenêtres…) qui passe de 72,5% en 2010 à 66,4% en 2011 au profit des interventions sur le chauffage avec 27,5% en 2010 et 33,6% en 2011.

L’accompagnement financier et technique au niveau national n’est pas toujours décisif.
Les aides mises en place par l’Etat, le crédit d’impôt développement durable et l’Eco-Prêt à taux zéro, n’ont plus le même impact pour déclencher les travaux. Cela va de pair avec une diminution du taux du crédit d’impôt et une baisse significative de la connaissance de l’Eco-Prêt à taux zéro (40% de notoriété contre 54% en 2010).
Concernant l’information des ménages, le vecteur privilégié est le recours aux professionnels (47% des foyers interrogés) alors que seulement 4% on fait appel aux Espaces Info-Energie (conseils techniques et financiers, neutres, objectifs et gratuits).
Pour réaliser les objectifs européens de 20% d’amélioration d’efficacité énergétique et de 20% de diminution des gaz à effet de serre d’ici 2020, il faudra notamment améliorer la notoriété des Espaces Info-Energie qui peuvent aider les particuliers à choisir les travaux les plus efficaces et à bénéficier des aides financières nationales et locales. Sur notre territoire, l’Espace Info-Energie du Pays de Saint-Brieuc a permis de générer 1 036 107 € d’investissement et d’économiser 378 Tonnes équivalent CO2 soit l’équivalent de la consommation d’une voiture qui aurait fait 67 tours du monde. Ces chiffres sont à retrouver dans le rapport d’activité de l’ALE.